Elizabeth Hoyt en français

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Critique

lire un extrait
Traduit de l’américain par Dany Osborne

 

  Puritaine et catin

Jeune veuve, Anna Wren vit avec sa belle-mère. L'argent se faisant rare, elle envisage de travailler comme préceptrice, car elle sait le grec et le latin. Malheureusement, dans l'Angleterrer de 1760, les emplois respectables pour dames ne courent pas les rues. Par chance, le comte de Swartingham cherche de toute urgence une secrétaire pour retranscrire ses écrits d'agronomie. Anna est engagée et apprend peu à peu à connaître le maître de Ravenhill Abbey, si impressionnnant avec son visage ravagé par la variole. Lord Swartingham est certes disgracieux, mais il a surtout mauvais caractère : bourru, coléreux, autoritaire, il cumule les défauts. Portaunt, Anna ne peut nier l'attirance qui grandit entre eux et s'impose bientôt, les laissant seuls face à une passion que la société de l'époque réprouve...

 


 

Extrait

Little Battleford, Angleterre, mars 1760

Un cheval qui galope à bride abattue, un chemin de terre boueux et une femme à pied au détour d’un virage ne font jamais une bonne combinaison. Même dans les circonstances les plus favorables, les chances d’une rencontre en douceur sont dramatiquement faibles. Ajoutez à cela un chien – un très gros chien –, et, ainsi que le pensa Anna Wren en un éclair, le désastre est inévitable.

À la vue de cette dernière, ledit cheval fit un brusque écart. Le mastiff qui courait à ses côtés l’imita, se retrouvant sous ses naseaux. L’étalon se cabra, ses sabots battirent l’air, et, de manière prévisible, le cavalier fut désarçonné. Membres emmêlés, il perdit cravache et tricorne et réalisa un spectaculaire vol plane avant de s’écraser sur le sol, projetant sur Anna un geyser d’eau sale.

Cheval, homme, femme et chien s’immobilisèrent.

«Quel idiot! » faillit crier Anna, qui s’en garda cependant. Une respectable veuve d’un certain âge, en l’occurrence trente et un ans, ne lançait pas d’épithètes injurieuses aux messieurs.

— J’espère que vous ne vous êtes pas fait mal, dit-elle à la place en affichant un sourire crispé. Puis-je vous aider à vous relever ?

Le cavalier trempé ne lui rendit pas son sourire.

— Que diable fichiez-vous au beau milieu du chemin? rétorqua-t-il.

Il réussit à s’extraire de la flaque de boue, puis riva sur Anna ce genre de regard courroucé typique des hommes qui se sont comportés stupidement mais, incapables
de l’admettre, jouent les importants. Les trainees noires qui coulaient sur son visage pâle et grêlé n’arrangeaient pas sa mine. D’épais cils sombres cernaient ses yeux d’obsidienne. De beaux yeux, certes, qui ne parvenaient toutefois pas à faire oublier son expression pincée.

— Je suis navrée, répondit Anna sans cesser de sourire. Je rentrais chez moi. Évidemment, si j’avais deviné que vous auriez besoin de toute la largeur du chemin…

L’homme l’interrompit d’un geste de la main. Ses explications ne l’intéressaient manifestement pas. Négligeant son couvre-chef qui gisait dans la boue, il rejoignit sa monture au pas de charge tout en jurant entre ses dents. Le chien s’était assis, captivé par le spectacle.

Le cheval, un bai anguleux, roula des yeux en voyant approcher le cavalier et fit un pas de côté.

— C’est ça, dit l’homme d’une voix caressante. Joue les vierges effarouchées, espèce de tas de barbeque bouffée d’asticots! Quand je t’aurai mis la main dessus, bâtard de chameau malade, je te garantis que je tordrai ton cou de vieille carne abrutie.

Le cheval agita les oreilles, puis recula, s’attirant aussitôt la sympathie d’Anna.

Telle une plume qui vous chatouille la plante des pieds, elle trouvait la voix de cet être odieux à la fois irritante et séduisante. Au point qu’elle se surprit à se demander s’il
adoptait cette intonation lorsqu’il voulait charmer une femme. En employant d’autres mots, espérait-elle.

Le cavalier saisit la bride du cheval, demeura un court instant près sa tête à lui murmurer des insultes, puis grimpa en selle d’un seul mouvement fluide. Le tissu mouillé de son pantalon se tendit sur ses cuisses quand il pressa les flancs de la bête, révélant de façon indécente des muscles puissants.

— Bonne journée, madame, dit-il à Anna en inclinant brièvement la tête.

Sans plus de cérémonie, il éperonna sa monture et fila au galop. Le chien s’élança à sa suite. Quelques instants plus tard, le trio était hors de vue.

Anna baissa les yeux.

Le contenu de son panier était éparpillé dans la boue. La demi-douzaine d’oeufs s’était transformée en omelette, et le hareng semblait darder sur elle un regard de reproche. Elle ramassa ce dernier, l’essuya. Lui, au moins, était récupérable. Tandis que sa robe… Elle se pencha, décolla de ses jambes ses jupons mouillés et les secoua en soupirant. Puis elle se redressa et scruta le chemin bordé d’arbres dont le vent agitait les branches nues. Désert.

Inspirant à fond, elle lâcha l’un de ces mots qu’il était interdit de prononcer devant le Seigneur :

— Butor!

Puis elle rentra le cou dans les épaules, et attendit que Dieu la foudroie sur place. Rien ne se produisit. Elle n’éprouva même pas une once de culpabilité, ce qui était fort étonnant. Après tout, les dames ne sont pas censées invectiver les messieurs, quelle que soit la provocation! Or elle était une dame, n’est-ce pas ?

Son panier, désormais fort léger, au bras, elle se remit en route. Lorsqu’elle remonta l’allée menant à son cottage, jupe et jupons étaient secs, mais raides de boue. En été, les fleurs exubérantes qui poussaient dans le jardinet rendaient la maisonnette accueillante, mais à cette époque de l’année, il n’y avait que de la terre. Elle approchait
de la porte quand celle-ci s’ouvrit sur une petite femme au visage encadré d’anglaises grises.

— Ah, vous voilà ! s’écria-t-elle en agitant la main. Elle tenait une cuillère de bois et des gouttelettes de sauce lui éclaboussèrent la joue.

— Fanny et moi avons préparé un ragoût de mouton, continua-t-elle, et j’ai l’impression que sa sauce est mieux réussie que d’habitude : on voit à peine les grumeaux. Mais nous travaillons encore sur les boulettes, ajoutat-elle plus bas. Je les trouve trop molles.

Anna adressa un sourire empreint de lassitude à sa belle-mère.

— Je suis sûre que le ragoût sera délicieux, assurat-elle en pénétrant dans le vestibule.

La vieille dame lui sourit, puis plissa le nez.

— Mon petit, il émane de votre personne une odeur…

Elle s’interrompit, haussa les sourcils, incrédule.

— Pourquoi y a-t-il des feuilles sur votre coiffe ?

— J’ai eu une désagréable mésaventure sur le chemin de retour.

— Une mésaventure ? s’exclama mère Wren qui en lâcha sa cuillère d’émotion. Êtes-vous blessée ? Mais, mon Dieu, votre robe ! On dirait que vous vous êtes roulée dans la fange !

— Tout va bien. Je suis juste un peu mouillée.

— Allez vite enfiler des vêtements secs, mon petit, et vos cheveux… Fanny ! Sors de cette cuisine et viens nous aider !

Puis à Anna :

— Nous allons devoir les laver. Vos cheveux, j’entends. Venez avec moi. Fanny!

Une toute jeune fille à la chevelure carotte surgit dans le vestibule.

— Quoi?

Mère Wren gravissait déjà l’escalier, poussant Anna devant elle. Elle se pencha par-dessus la rampe.

— Fanny, combien de fois t’ai-je demandé de répondre «Oui, madame»? Tu ne trouveras jamais un employ comme femme de chambre dans une grande maison si
tu persistes à t’exprimer aussi mal.

Fanny se contenta de battre des paupières, la bouche légèrement entrouverte. Mère Wren soupira.

— Va mettre un chaudron d’eau à chauffer. MmeAnna va se laver les cheveux.

Fanny se rua vers la cuisine, puis lança juste avant d’y entrer :

— Oui, m’dame.

Ayant atteint le minuscule palier, Anna pénétra dans sa chambre et s’approcha du miroir accroché audessus de la commode.

— Ce que devient la ville m’affole, commenta sa belle-mère en s’immobilisant derrière elle. Avez-vous été éclaboussée par une calèche ? Certains cochers se conduisent comme si la rue leur appartenait.

— Je ne vous contredirai pas, répondit Anna qui ôta son chapeau et examina son reflet. Mais je n’ai été la victime que d’un cavalier.

Seigneur, sa chevelure ressemblait à un nid de corneille, et son front était maculé de boue !

— Ces gentilshommes à cheval sont pires que les cochers, grommela mère Wren. La plupart sont incapables de maîtriser leur monture. Une vraie menace pour les femmes et les enfants.

Anna retira son châle, se retourna, et balaya du regard la pièce exiguë dans laquelle Peter et elle avaient vécu les quatre années de leur mariage. Elle accrocha son châle et son chapeau à la patère où son mari suspendait son manteau. Sur la chaise, autrefois, il empilait ses gros livres de droit. Désormais, elle servait à Anna de table de nuit.

— Au moins, vous avez sauvé le hareng, continua sa belle-mère. Quoique, je ne suis pas sûre qu’un bain de boue ait amélioré son goût.

— Sans doute pas, admit distraitement Anna.

Elle fixait la couronne de fleurs de pommier, souvenir de son mariage, suspendue au coin du miroir. Elle était totalement desséchée. Rien d’étonnant à cela. Six années qu’elle était là. Six années de veuvage. Ces pauvres fleurs auraient été davantage à leur place dans le bac à compost du jardin. Elle les y jetterait tout à l’heure, décida-t-elle.

— Laissez-moi vous aider, mon petit, proposa mere Wren.

Joignant le geste à la parole, elle entreprit de déboutonner la robe de sa belle-fille.

— À propos, avez-vous vendu ma dentelle à la modiste?

— Oui, répondit Anna en se débarrassant de son vêtement. Elle l’a beaucoup aimée. C’est la plus jolie qu’elle ait vue depuis bien longtemps, m’a-t-elle dit.

— Mmm. Je fais tout de même de la dentelle depuis quarante ans, remarqua mère Wren d’un ton faussement modeste. Combien vous l’a-t-elle payée ?

Anna eut une petite grimace tout en s’enveloppant dans un peignoir usé jusqu’à la corde.

— Un shilling et six pence.

— Si peu ? Mais j’ai travaillé dessus cinq mois !

— Je sais, reconnut Anna en dénouant ses cheveux. Mais elle a argué du fait que la dentelle n’était plus très à la mode.

— Peuh… elle le devient dès que cette femme en orne un bonnet ou une robe.

Anna partageait la déception et l’avis de sa belle-mère. Elle s’empara d’une serviette de bain, puis les deux femmes regagnèrent en silence le rez-de-chaussée.

Dans la cuisine, Fanny avait mis une bouilloire à chauffer. Des bouquets de plantes séchées pendaient aux poutres parfumant l’atmosphère. En face de la vieille cheminée de brique qui occupait tout un pan de mur, une fenêtre donnait sur le jardin planté de laitues, radis et navets.

Mère Wren posa une cuvette ébréchée sur la table qui trônait au milieu de la pièce, et qu’on repoussait contre le mur, la nuit, afin que la petite bonne puisse dérouler sa paillasse devant le feu.

Anna se pencha au-dessus de la cuvette, et sa bellemère versa l’eau tiède de la bouilloire sur sa tête. Tout en se savonnant les cheveux, la jeune femme observa :

— Je crains que nous ne soyons obligées de prendre des mesures pour améliorer notre situation financière, mère.

— Oh, non, ne me dites pas qu’il va falloir faire advantage d’économies! Nous avons déjà renoncé à la viande, sauf le mardi et le jeudi, et il y a une éternité que ni vous ni moi n’avons acheté de robe !

Anna nota que sa belle-mère ne mentionnait pas l’entretien de Fanny. Celle-ci était censée occuper les fonctions de bonne, de gouvernante et de cuisinière, mais en réalité, elle était là par pure charité. Sa seule parente, sa grand-mère, était morte quand elle avait dix ans. Refusant que l’enfant soit envoyée à l’orphelinat, Anna avait proposé de l’héberger. MèreWren ambitionnait de l’éduquer afin qu’elle puisse trouver à s’employer dans une grande maison, mais la gamine progressait fort lentement.

— Vous vous êtes montrée toujours très économe, mère, assura Anna. Mais les investissements de Peter ne rapportent plus autant qu’autrefois. Notre revenue a décru de manière régulière depuis qu’il nous a quittées.

— Quelle tristesse qu’il ne nous ait laissé que si peu pour vivre !

— Ce n’était pas son intention, mère. Il n’était qu’un jeune homme quand la fièvre l’a emporté. Je suis sure que s’il avait vécu, il aurait amassé un joli pécule.

En fait, Peter avait fait fructifier leurs finances après la mort de son père, survenue peu de temps avant leur mariage. Le vieil homme, bien que courtier de son métier, avait investi dans des placements peu avisés, et s’était quasiment ruiné. Après son mariage,
Peter avait vendu la maison familiale pour payer ses débiteurs et emménagé avec sa jeune épouse et sa mère dans le petit cottage. À son tour, il avait travaillé comme courtier. Hélas, la maladie l’avait terrassé, et Anna s’était retrouvée seule face aux épreuves de l’existence.

— Rinçage, s’il vous plaît, demanda-t-elle. Un flot d’eau froide déferla sur son crâne. Elle s’assura qu’il n’y avait plus de savon, s’essora les cheveux et s’enveloppa la tête dans la serviette qu’elle avait apportée.

— Je crois que je devrais songer à prendre un emploi, déclara-t-elle en se redressant.

— Oh, mais certainement pas ! s’exclama sa bellemère qui se laissa tomber sur une chaise de saisissement. Les dames ne travaillent pas !

— Préférez-vous que je demeure une dame et que nous mourions de faim?

Mère Wren parut hésiter.

— Ne vous inquiétez pas, enchaîna Anna. Nous n’en arriverons pas à une telle extrémité. Mais nous devons néanmoins trouver un moyen d’améliorer nos revenus.

— Je pourrais peut-être faire davantage de dentelle? suggéra mère Wren. Ou renoncer à la viande ?

— Je ne veux pas que vous en soyez réduite à cela. Mon père a veillé à ce que je reçoive une bonne education et…

— Votre père était le meilleur vicaire que la paroisse de Little Battleford ait jamais eu, paix à son âme. Tout le monde connaissait son point de vue sur l’éducation des enfants.

Anna commença à se démêler les cheveux.

— Il m’a effectivement appris à lire, à écrire, à compter, m’a enseigné un peu de grec et de latin. Je devrais donc pouvoir trouver un poste de gouvernante ou de dame de compagnie.

— La vieille Mme Lester est presque aveugle. Je suis sûre que son beau-fils vous engagerait pour lui faire la lecture et…

Mère Wren s’interrompit. Anna se rendit compte en même temps que sa belle-mère qu’une odeur âcre flottait dans la pièce.

— Fanny! crièrent les deux femmes d’une seule voix.

La petite bonne, qui jusque-là écoutait la discussion entre ses deux maîtresses, se rua sur le ragoût de mouton.

Anna poussa un soupir excédé. Encore un diner de brûlé.

*           *           *

Felix Hopple s’arrêta devant la porte de la bibliothèque du comte de Swartingham afin de vérifier son apparence. Il portait un gilet couleur puce rebrodé d’une guirlande de feuilles jaunes qui mettait en valeur sa silhouette, fort svelte au demeurant pour un home de son âge. Avec ses chausses rayées de vert et orange, et sa perruque fraîchement poudrée, il était elegant sans ostentation. Il n’avait donc aucune raison d’hésiter devant cette porte fermée.

Il soupira cependant, car le comte avait une déconcertante tendance à grogner. En tant qu’intendant general du domaine de Ravenhill Abbey, Hopple avait entendu ces inquiétants grognements si souvent au cours des deux semaines passées qu’il avait l’impression d’être l’un de ces malheureux qui vivent au pied de volcans prêts à entrer en éruption. Pourquoi lord Swartingham avait décidé de s’installer à Ravenhill Abbey
après des années de bienfaisante absence demeurait un mystère pour Hopple, qui craignait que cette installation ne fût définitive.

Mal à l’aise, il lissa son gilet de la main. Les nouvelles dont il était porteur n’étaient pas bonnes. Cela dit, il n’en était en rien responsable.

Prenant son courage à deux mains, il frappa à la porte. Il y eut un silence, puis une voix profonde répondit :

— Entrez!

Située dans l’aile ouest du manoir, et dotée de grandes fenêtres, la bibliothèque bénéficiait, en cette fin d’après-midi, des rayons du soleil. Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, elle était cependant loin d’être accueillante. Elle était en effet si vaste et si haute de plafond qu’elle semblait absorber la majeure partie de la lumière.

Le comte était assis derrière un bureau de style baroque tellement imposant qu’il aurait fait paraître n’importe qui d’autre frêle. Devant la cheminée, qui ne parvenait pas à rendre l’atmosphère chaleureuse, était affalé un énorme chien au pelage moucheté. Croisement de mastiff et probablement de grand lévrier irlandais, l’animal était très laid et si inquiétant que l’intendant l’évitait autant que faire se pouvait.

Il se racla la gorge, puis demanda :

— Auriez-vous un moment à me consacrer, milord ?

Lord Swartingham leva les yeux de son journal.

— Entrez, Hopple, et prenez un siège pendant que je finis ceci. Je suis à vous dans quelques instants.

Après un coup d’oeil de biais au molosse, Hopple se dirigea vers l’un des fauteuils devant le bureau et s’y assit. Il mit à profit le sursis accordé par son maître pour tenter de deviner l’humeur de celui-ci. Avec ses sourcils froncés et sa peau grêlée, il n’avait rien d’aimable. Mais ce n’était pas nécessairement mauvais signe, car lord Swartingham affichait en permanence une expression renfrognée.

Repoussant son journal, le comte retira ses lunettes demi-lunes et s’adossa à son siège, qui grinça sous son poids.

— Alors, Hopple ?

— Milord, j’ai une nouvelle peu plaisante à vous annoncer. J’espère que vous ne le prendrez pas trop mal, commença l’intendant, un sourire contraint sur les lèvres.

Le comte attendit la suite sans mot dire. Tirant nerveusement sur ses manchettes, Hopple continua :

— Le nouveau secrétaire, M.Tootleham, a eu un problem familial urgent qui l’a contraint à remettre sa démission.

 

 

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